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Pourquoi je refuse les compteurs communicants  -  par   JulienConstant

Pourquoi refuser les Compteurs Communicants

Au-delà d’un modèle économique, c’est un modèle civilisationnel qui s’instaure, fondé sur l’organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision...

Il faut refuser d’acheter tous ces objets connectés qui vont permettre l’intelligibilité de nos comportements, ensuite revendue pour des applications de services à acheter. Refusons la domotique connectée, les compteurs linky, la robotique des prothèses non nécessaires, censées nous ‘’augmenter’’

La Siliconisation du Monde - Eric Sadin

Dire non, au lieu d'accepter chaque nouveau gadget électrique, qui nous diminue et nous fait participer aux contrôles des populations. Qui le suggère autour de nous ? Tellement habitués nous sommes à accepter, voire à attendre impatiemment, les nouveaux objets qui doivent innover nos vies de consommateurs, de (consoumis ?) Combien de Français sont d'accord pour utiliser une application bluetooth de pistage ? Combien sont prêts à dénoncer ceux qui cultivent farouchement leur liberté ?

 Pourtant, en premier lieu, Dire NON, c'est seulement  dire  :"Je n'en ai pas besoin ! Ça ne me servira à rien !" Car ce sont les industriels-gouvernants qui les veulent, pas nous. Il est d'ailleurs maintenant démontré que les millions de gens équipés de compteurs communicants ne suivent ni ne connaissent toujours pas leur consommation d'électricité, de gaz, et d'eau ! Ça n'intéresse personne de suivre sa consommation "en temps réel". Je prends des photos de mes compteurs chaque mois, c'est bien suffisant. Et cela s'avère parfois capital pour refuser une facture erronée.

Ainsi, selon Enedis, "Pour moins consommer Une maîtrise de ma consommation facilitée : j’ai accès à mes données de consommation électrique sur mon espace personnel. Je peux aussi adapter la puissance de mon compteur. "

- Qu'est-ce que la Décroissance, concrètement ?  Chez moi, le ballon d'eau chaude est réglé sur 50°, ce qui a une incidence sensible sur la facture. Certes, ceux qui prennent une ou deux douches de plus de cinq minutes par jour sont contraints de laisser leur "cumulus" réglé sur 80° pour ne pas diminuer le volume disponible à 40°.  

Qui peut croire que le Linky va changer les habitudes d'hyper-confort créées par 60 ans de publicité ?

Cela implique aussi moins de consommation d'eau et de produits mauvais pour la peau conditionnés dans des flacons plastiques. Les chambres sont un peu

Mon Dieu ! comme ils sont beaux

Les tremblants animaux

Que le givre a fait naître

La nuit sur ma fenêtre

chauffées indirectement par la chaleur de la pièce principale ; les radiateurs électriques ne sont donc allumés qu'exceptionnellement. Il faut sans doute être adepte de la Distinction-Rébellion pour oser se rapprocher un peu du temps où on apprenait les poèmes de Maurice Carême dans une chambre sans chauffage central dont la vitre se couvrait parfois de givre : la chaleur de la cuisinière à charbon montait par l'escalier. Étions-nous en moins bonne santé que les enfants de ce 21ème siècle ?

- La façon de cuisiner et le choix des menus nécessitent le moins de cuisson possible.
- Le réfrigérateur est réglé au minimum.
- Le lave-linge tourne deux à trois fois par mois.
- La nuit comme le jour pas d'appareils en veille : boîtiers internet et télé éteints. Un interrupteur commande l'allumage simultané du téléviseur, de l'ampli et du boîtier décodeur TV internet.
Ne nous étendons pas sur l'éclairage... Mais Non, je ne m'éclaire pas à la bougie ; ne sont vraiment pas des lumières ceux qui ne savent formuler que cette réflexion stupide : car la bougie est le mode d'éclairage le plus polluant et le plus dangereux.
Mieux vaut alors une lampe à pétrole...

- Enfin chaque premier du mois, mes index sont photographiés et archivés (HP-HC : 24 photos par an). Jadis je faisais ces calculs sur un calepin, maintenant j'utilise Excel. Si une anomalie apparaît, ça se voit ; si une facture aberrante arrive, elle est rectifiée.

En quoi Linky va-t-il améliorer -a-t-il amélioré- la situation ? Nous sommes dans la société de l'illimité, de la croissance infinie ; voilà pourquoi il est impossible à la plupart, (Les adhérents à Extinction-Rébellion y compris) de seulement envisager cette désobéissance civile radicale et simple et rentable : 

- couper leurs moteurs à l'arrêt,
- se passer de wifi chez eux,
- de téléphone sans fil, 
- ne pas acheter le dernier gadget, qui loin de leur simplifier la vie, la complique, l'appauvrit, et les rapproche, même à l'âge de 20 ans du niveau de dépendance d'un résident d'EHPAD.

Que dire des enfants, qui se déplacent sur une planche à roulettes électrique, en consultant leur ordiphone ? La première question que je me pose depuis mon déconditionnement, c'est toujours : "Cette innovante nouvelle innovation, en ai-je ressenti le besoin ? L’ai-je rêvée, réclamée, imaginée ?" Et comme pour le GPS, la réponse est non. Alors, je ne prends pas ; je refuse : gavé de technologinutile je suis.

Refuser Linky c'est aussi être cohérent :

Chez moi, le WIFI est désactivé (ça consomme aussi du courant, c'est facile à pirater, je n'en ai pas besoin pour faire mon site web),
le DECT aussi (téléphone sans fil). (Digital Enhanced Cordless Telephone)
Pas de CPL entre les deux boîtiers internet-TV
Pas de bluetooth ni de GPS dans ma voiture.

 

Combien de symptômes bizarres, de migraines, d'états de fatigue, de maladies diverses sont attribués à tout sauf au bain de champs électro-magnétiques dont le brouillard n''a pas fini de s'épaissir ?

Et oui, j'ai un four à micro-ondes ; il fonctionne quelques minutes par jour et on s'en éloigne. Non, je ne vis pas dans les arbres ou dans une grotte. Je sais même faire un vrai site web, pas un blog préfabriqué fourni par des partisans du transhumanisme. Je vis, lucide, dans les contradictions, mais comme disait Camus, un moment vient où on dit :"Stop ! Je passe, j'ai ma dose de Progrès..." Chaque fois qu’on obéit à une machine, qu’on la laisse faire à notre place, on se simplifie la vie ! Or nous sommes des êtres infiniment complexes ; notre mémoire disponible possède une capacité de stockage insondable, et n’a rien à voir avec un tas de capteurs et de processeurs algorithmés, car elle participe de notre pensée, nettement plus riche que les plus complexes des langages de programmation.

Chaque fois que la machine fait à ma place, je perds un savoir-faire, un savoir, des mots, des relations humaines, de la liberté : La technologie augmentée, c’est la réalité diminuée ! Il est vrai que les moutons, ou les zombizounours que nous devenons si facilement ne se fatiguent pas à s’interroger ou à se battre ! Pourtant, la publicité ne vante-t-elle pas le combat, le dépassement de soi, les Jeux Olympiques ?

Alors pourquoi s’endormir dans la servitude volontaire quand il y a tant à vivre ?

Pourquoi devenir de moins en moins différents de ceux qui, tels nos aînés ou les accidentés de la vie, souffrent d’un handicap, - ne peuvent pas marcher, se nourrir, lire, étudier une carte, parler, écouter, discuter, créer, fabriquer réparer, composer, inventer, ...

Il n’y a pas d’objets intelligents, il n’y a que des humains qui acceptent de se ravaler au rang de machines, parce que c'est pratique !  Ces deux ou trois millions de gens qui disent :”Non !” sont-ils vraiment des imbéciles, des craintifs, des rétrogrades, des illettrés, des analphabètes ? Ne sont-ce pas plutôt les employés de l’électro-fascisme (André Gorz) qui auraient bien besoin d’augmenter leurs connaissances (Il y a du boulot...) et de retrouver un peu d'humanité ?

Alors comment refuser ?  C'est au téléphone que se perd la partie, souvent. Lors d'une conférence, à Douai, j'ai été frappé par le nombre de témoignages qui évoquent les démarchages téléphoniques des poseurs de compteurs. Intimidation et persuasion orales sont en effet les premiers et meilleurs moyens d'imposer. "Ils m'ont dit que c'était obligatoire, que sinon je paierai plus cher, que je ne serai plus dépanné, etc." J'entends distinctement la crainte, ces gens ne se sentent pas du tout dans le fameux Etat de Droit, dont les psychopathes qui construisent opiniâtrement l'humanité  de la barbarie nous rebattent chaque jour les oreilles...

Donc je dis aux gens qu'il faut raccrocher en disant :"Écrivez-moi, merci."  Ça à l'air facile, ça l'est devenu pour moi, car je m'entraîne depuis des années. Mais d'une part, la persuasion est un métier.(cf. Influence et manipulation par Robert B. CIALDINI).

Et d'autre part, nous avons déjà tellement l’habitude :
- de faire confiance  (La preuve : on ne contrôle pas nos consommations ; on ne se réveille que si le montant de la facture est subitement astronomique)
- d'accepter (et de faire la queue pour) les nouveaux objets connectés (Pub domotique)
- d’être surveillés (vidéo-surveillance et contrôlés (crédits bancaires), et localisés (CB - internet – smartphone - GPS - carte Pass-Pass) J'en connais, (c'est une histoire belge qui arrivera aussi en France), qui se sont laissé pucer ! Et Facebook ? Combien de pages de Collectifs antilinky ? Marc Zuckerberg est  pourtant un transhumaniste, un adepte forcené des réseaux inintelligents (Smart Grids). Continuons donc à lui donner nos données ; car il a promis de ne plus faire le vilain. Et il a bien le droit d'être hyper-riche et donc de posséder et d'augmenter la réalité de son hyper-pouvoir économique. La Commission Européenne, nos représentants l'adulent carrément...

Non, je ne peux pas croire qu'un compteur-capteur communicant changera (a changé) les habitudes de tous ceux de mon entourage qui laissent les lampes allumées chez eux et se chauffent à 25°. Mais il paraît que l'électricité est chère... 

Publié le 01/02/2019 11:32   |


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