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Il avait agressé un poseur de compteur Linky, un ancien élu du Var condamné

Il avait agressé un poseur de compteur Linky, un ancien élu du Var condamné

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Lire aussi : Altercation Var pose illégale Linky Stéphane Lhomme 2 mai 2018

À l’époque, l’affaire avait eu un retentissement national: le 30 avril 2018, en début d’après-midi, un élu de Bagnols-en-Forêt et son épouse avaient agressé en pleine rue un poseur de compteurs Linky. Frappé violemment au visage puis menacé de représailles s’il venait à créer "des emmerdes", celui-ci s’était vu octroyer cinq jours d’ITT. Mais atteint psychologiquement, il n’avait pas eu la force de reprendre son travail avant plusieurs mois.

À l’époque, la méfiance envers les compteurs Linky était à son paroxysme. À Bagnols-en-Forêt, comme dans d’autres communes, le conseil municipal avait ainsi voté une délibération autorisant les habitants à s’opposer à leur installation. Une décision attaquée devant le tribunal administratif de Toulon et jugée illégale depuis.

Aujourd’hui, la pression est retombée. Les compteurs Linky sont mieux acceptés, du moins pas la priorité des contestataires en ces temps de crise sanitaire. Et c’est dans l’anonymat d’une fin de journée d’octobre au tribunal correctionnel de Draguignan, pris en étau entre une affaire de violence conjugale et une autre d’abus de confiance que ce dossier arrive à la barre.

Miguel M.-S. et son épouse, tous deux 66 ans, se collent l’un à l’autre comme s’ils tentaient de ne faire qu’un. D’ailleurs, ils n’ont qu’une version à opposer au président Jean-Louis Galopin et à la procureure Laëtitia Pons. Du côté de la partie civile, l’installateur ne peut apporter la contradiction. Il est décédé il y a quelques mois, d’une cause tout autre que l’agression dont il avait été victime...

Expert en arts martiaux

"On partait faire des courses, racontent les prévenus d’une seule voix. Ce monsieur installait un compteur chez une voisine. En passant en voiture, on lui a dit qu’on ne voulait pas qu’il mette un Linky chez nous. Puis on est parti." Mais comme Thierry B. ne leur a pas répondu, le couple a eu un doute et effectue un demi-tour. "Il fallait qu’on ramène le chien aussi..."

C’est alors que le ton monte. Miguel M.-S. assure que l’installateur l’a traité de "vieux con" puis a sorti son téléphone portable pour les prendre en photo. Ce qui a eu le don d’énerver Dominique G.. "Je suis sortie du véhicule pour lui dire d’arrêter, explique-t-elle. Mais il m’a repoussée et je suis tombée..." Ayant peur pour son épouse, l’élu descend à son tour. Et va au contact de l’employé d’Insiema. Expert en arts martiaux, le mari anti-Linky assène un coup de poing et un coup de tête à Thierry B.. Sonné, en sang, l’installateur est ensuite menacé: "L’état de ta tête sera proportionnel aux emmerdes que tu m’apporteras..."

"Légitime défense" ou "mauvaise foi"?

Si, peu après les faits, Miguel M.-S. avait reconnu chez nos confrères du Figaro avoir fait "une connerie", il persiste désormais à dire que tout ceci est la faute de Thierry B., qui les a insultés et agressés, son épouse et lui. Une "légitime défense" qui amène leur conseil, Me Philippe Campolo, à plaider la relaxe.

Une « mauvaise foi caractérisée » en revanche aux yeux de Laëtitia Pons. "En quoi cette riposte est-elle justifiée? Parce qu’on vous a traités de vieux cons?" Ce comportement "indécent", les époux l’auront d’ailleurs lors de leurs auditions devant les gendarmes, accusant la victime "de jouer la comédie" en faisant "le mourant".

À l’époque, un autocollant, bien en vue sur leur compteur, indiquait aux poseurs que Miguel M.-S. et son épouse s’opposaient à l’installation d’un Linky. Thierry B. avait pour consigne de respecter ce choix, même si la pose de ces compteurs est une "obligation supra-nationale" comme l’indique l’avocate d’Enedis.


Date de création : 11/11/2021 16:20
Catégorie : Stéphane Lhomme -
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